Je divague mais je vais décrire les hommes qui gravitent autour de moi sans entrer dans ma vie, mais sait t'on jamais....
Je suis en vacances et l'ado fourré tous les jours à Disney avec son pass annuel et promo pour inviter ses copains à 10 euros. Seule, esseulée avec un rhume foudroyant, je me fixe des objectifs
raisonnables pour les journées qui s'écoulent doucement.
Lever 9-10 heures, je dors à poings fermés entre 8 et 10 après des nuits agitées par ce mal de gorge lancinant.
Café mug-thermos entre 10 et 11 devant l'ordi. Après douche et objectif ballade dans le quartier suivi d'un ciné.
J'entreprenais de visiter une boutique bio, histoire de fouiner dans les graines et huiles essentielles.
Je reconnaissais le jeune homme qui tenait la porte, c'est le prof de cours de français particuliers de mon ado.
Il vient tous les lundis soirs assiduement, méthodique et sérieux, grand, fin, le visage gardant les traces d'une varicelle enfantine, les yeux rapprochés marrons (plus les yeux sont
rapprochés, plus c'est signe d'intelligence il parait), la trente-cinquaine, brun, écharpe Obi-one-kenobi autour du cou, il revient de chine, il enseigne aussi le chinois.
"Ah bonjour, comment allez vous?", on se vouvoie, le rapport prof-parent avant tout. Je suis sur mes gardes mais j'aimerais discuter plus. Il est pas pressé de partir, moi non plus mais les phrases
s'enchainent maladroitement.
"Ado est à Disney je crois?", "oui, oui, c'est un vrai courant d'air".
"je viens ici pour les légumes bios, ils sont corrects", je réponds comme une anti-bio, "oh moi, je fais juste un tour pour voir". "bon, je vous revoie dans 15 jours, c'est çà?". "Euh oui
c'est çà". Je me retrouve dans ce magasin bio seule à voir des flacons sans sens. Dire que je viens de prendre un café seule à la place d'It. Les fruits bios sont horriblement moches, marqués de
traces de combats, petits (beurk). Je file au monoprix et avec un grand ouf de soulagement, je retrouve des légumes plein de vie, rutilants et propres. J'ai acheté une tête de nègre, je refuse
qu'on appelle autrement ce gateau, c'est trop bon.